The Miseducation of Lauryn Hill : Un peu de Proust et de sa madeleine

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The Miseducation of Lauryn Hill / Lauryn Hill / 1998

Il y a des albums qui vous font l'effet d'un vieux vinyle ressorti après des années. Déferlante de sensations. C'est le cas pour moi avec « The Miseducation of Lauryn Hill ». Ancien, mythique, toujours aussi puissant. Avant même d'extraire le CD de son boîtier fissuré, j'ai déjà dans l'oreille le grésillement du début de la chanson éponyme. Le bruit du diamant qui effleure les microsillons du vinyle… Il y a un peu de Proust et de sa madeleine là-dedans, comme dans le titre.

Un jour Lauryn Hill est entrée dans ma vie, avec Sister Act 2 (ne riez pas, j'étais collégienne). La bande magnétique de la VHS sur laquelle j'avais copié le film, donnait des signes d'usure à force de passer en boucle la scène finale. Je rêvais d'être noire, de chanter avec une voix de velours et de me déhancher avec grâce, la tête pleine de tresses… J'ai ensuite découvert les Fugees et "Killing me soflty" est devenu mon hymne toute une année. Et puis Lauryn Hill a sorti son album solo, en 1998, gagnant 5 prix sur 11 aux Grammy Awards, dont celui du meilleur album de l'année. Ce mélange de soul et de hip hop, cette couleur gospel, c'était nouveau pour moi. Je n'avais jamais rien entendu de tel. Toujours aujourd'hui, à chaque fois que je l'écoute, l'émotion est la même : les notes de Santana sur Zion, la voix unique de Lauryn Hill qui s'envole ou qui suit les vibes de Mary J.Blige sur « I Used to Love Him»… Tout dans cet album me fait véritablement vibrer. Indémodable, il a marqué mes vertes années.

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