Dieu n'existe pas je l'ai rencontré

dechainons-nous

C'était un matin divers, je prenais un grog pour me réchauffer les pieds, la lassitude avait envahi les nuages et le juke box jouait le requiem des ânes perdus. Mon clavier divaguait à peines perdues et sonnait à thônes sa voix.

Certainement un manque de peau, mais l'homme n'était ni blanc black beur, son reflet n'était que la pâle imitation de ses interlocuteurs, dans la précieuse brunette de ses yeux se reflétait la désuétude d'une humanité en quête d'une sainte nitouche.

Sa déprime valait bien celle qui soldait mon licenciement, mais si les silences lancent l'orgueil au delà des histoires d'argent qui finissent mal en général, des l'or la compétition reprenait son chemin je crois.

Je n'avais pas vraiment envie de discuter, mais ses intentions étaient impénétrables et je me tenais sur mes gardes, debout sur mes pieds qui étaient bien au sec.
Il me parlait de son employeur qui s'impatientait de voir le nombre d'employés grandissant et une productivité qui n'était pas à la hauteur des frais fixes induits. Bêtement je lui dis qu'il fallait délocaliser, tous les cons de la planète le faisaient et on louait leur clairvoyance, on parlait même de la capitaliser en LBO ou en LOA, il me répondit que la clairvoyance était sa tasse de thé et qu'il avait de grandes ambitions pour l'être humain, mais qu'il n'arrivait pas à maîtriser sa croissance. Il avait mis en jeu le serpent dans la paume, avait gravé dans le marbre une noyade programmée, misé sur les lauriers hautains d'éleveurs des lion's club, engagé la mafia corse de la sainte Hélene, dressé un chacal à moustaches en balai à chiottes, atomisé l'esprit rebelle du bipède, semé la peste le choléra et le sida mais rien ni faisait le mâle se nourrissait du mal et se repandait comme le chien du Gévaudant.

Il m'avoua être très fatigué et déçu d'un tel gâchis, les paradis artificiels qu'il avait créés étaient trop superficiels et les entrailles de la terre grondaient d'impatience de pouvoir tout nettoyer à laves bouillantes.

Il lui suffisait de faire Ctrl Alt Sup et de relancer la babas, mais le silicium était lui aussi domestiqué et le sable avait mis son grain de sel dans les affaires du sempiternel.

Il faisait pitié à voir, lui qui semblait si bon et généreux mais si perdu dans son projet humanoidoparano, alors je décidais de devenir son copain de boisson et lui conseillais de laisser du temps au temps, le chaînon manquant ne tarderait pas à s'éventer.

Nous bûmes longtemps jusqu'à usure du sablier saharien, il s'écoula un ou deux siècles, peut être plus je m'étais assoupi entre deux révolutions, quand nous sortîmes dehors les fourmis géantes étaient devenues maîtres du monde et avaient déclaré la loi martiale.

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