Auteur ? Et puis quoi, encore ?

Jean Louis Michel

     Bon, ça commence à me les briser menu, ces histoires de « écrivain - pas écrivain ».  Une gamine d’à peine plus de vingt ans, dont je tairais le nom, vient se la jouer genre : je veux être écrivain, j’te jure je VEUX en faire mon métier. Sous entendu : je veux en vivre, gagner de l’argent avec etc. Dit comme ça, ça commence mal. D’abord tu as écris quoi ? Rien ? Quelques poèmes à deux balles, au lycée, à propos de la douleur d’être adolescente ? Ma pauvre, ça ne fait pas encore de toi ni une poète, ni une écrivaine. Tu le sais au moins, que les écrivains riches se comptent sur le bout des doigts ? Non, tu ne sais pas, mais tu as vaguement lu la bio de Sagan et tu crois qu’écrire un livre de 100 pages et gros caractères te suffira pour t’acheter un coupé sport, sniffer de la coke sur le comptoir du Flore, partir en vacance en Thaïlande, et t’offrir un 120m2 rue du Bac. Tu ne sais pas encore, que parce que tu es mignonne tu devras apprendre également à tailler les plus belles plumes de Saint-Germain.

    

Autre exemple : X, là encore je cache le nom, me la joue : bof, j’écris mais je ne suis pas encore écrivain, auteur, ouais, et encore… Auteur, le gros mot qui fâche ! Nous sommes tous auteur de quelque chose : d’un pet, d’un gâteau au chocolat le dimanche, d’un vol de bonbons chez le boulanger quand on avait cinq ans, d’une belle lâcheté quand on a largué Marion, un soir d’été pour courir sous les jupes de Ludivine la coquine du camping.

    

Auteur, est un mot qui ne veut rien dire et tout à la fois. Auteur, ça veut dire « c’est moi le responsable de cette bouse » et rien d’autre. Dire qu’on est auteur plutôt qu’écrivain, c’est manquer de confiance en soi, c’est ne pas assumer totalement ce que l’on écrit. Vous me ferez remarquer qu’il existe tout de même quelques subtilités. En effet, on parle « d’auteur dramatique », mais ce n’est qu’une nuance, infime et qui ne veux rien dire. Sans doute parle-t-on d’auteur dramatique parce que ça sonne mieux qu’écrivain dramatique. On parle, toujours dans la nuance, d’auteur de Science-fiction, mais écrivain de Science-fiction, ça sonne bien aussi. Non ? Ray Bradbury vient de nous quitter, il y a quelques jours. Il était quoi ? Auteur ? Non, Bradbury était un écrivain, et un bon.

    

Le dictionnaire nous apprend qu’un auteur (du latin auctor) est une personne qui est la cause, le responsable. On peut être l'auteur d'une découverte, d'un accident,… Et qu’en littérature, l'auteur d'œuvres littéraires (roman, pièce de théâtre, poésie, essai…) est un écrivain. On apprend également que l’écrivain - ou écrivaine - est une personne qui rédige des ouvrages littéraires ou scientifiques, ou encore qui est habile dans l'art d'écrire.

     Sont donc considérés comme écrivains ceux qui pratiquent un métier relevant de l’écriture littéraire et donc particulièrement :


•    les romanciers
•    les essayistes
•    les nouvellistes
•    les poètes
•    les fabulistes
•    les dramaturges
•    les critiques littéraires
•    les pamphlétaires

En réalité, ce que la plupart des lecteurs, le grand public, considèrent comme écrivains, sont ceux qui publient à fort tirages, ceux dont on voit la tronche placardée en première page du monde littéraire, et ceux qui passent chez Denisot entre la météo présentée par une dinguotte complètement abrutie et un politocard venu vendre ses idées souvent foireuses. On croit donc, que le « véritable » écrivain, c’est ce type qui se recoiffe comme Higelin toutes les dix secondes en ayant l’air allumé, ou alors cette espèce de vampire gothique à grand chapeau qui raconte dans ses œuvres souvent biographiques que ses parents avaient su deviner son extrême intelligence alors qu’elle ne marchait pas encore. (Remarquez, la biographie de Kim Jong Il nous indique qu’il composait des symphonies remarquables à l’âge de huit semaines et qu’à chaque fois qu’il toussait, il provoquait un séisme au Japon, alors pourquoi pas…)


     Donc, je te le dis, wilovewordien, wilovewordienne : tu écris parce que tu as la passion d’écrire ? Parce que c’est un vrai besoin ? Une maladie honteuse ? Tu possèdes des carnets entiers de moleskine, que tu noircis de ta prose chaque jour? Alors tu es un écrivain, point barre. Non, ne te caches pas, ne rougis pas, si si, c’est bel et bien vrai, tou es oune Artisttt’, un vrai de vrai !


     Tu n’as pas encore publié ? Pas grave : n’oublie jamais que Kafka n’avait quasiment rien publié de son vivant. Et si Max Brod, le félon, n’avait pas renié sa promesse faite de tout bruler, Kafka ne serait pas le Kafka que nous connaissons aujourd’hui. « Voici, mon bien cher Max, ma dernière prière : Tout ce qui peut se trouver dans ce que je laisse après moi (c'est-à-dire, dans ma bibliothèque, dans mon armoire, dans mon secrétaire, à la maison et au bureau ou en quelque endroit que ce soit), tout ce que je laisse en fait de carnets, de manuscrits, de lettres, personnelles ou non, etc. doit être brûlé sans restriction et sans être lu, et aussi tous les écrits ou notes que tu possèdes de moi ; d'autres en ont, tu les leur réclameras. S'il y a des lettres qu'on ne veuille pas te rendre, il faudra qu'on s'engage du moins à les brûler. À toi de tout cœur. »

Wilovewordien, wilovewordienne : Tu écris en cachette pendant tes heures de travail ? Tu vole ton salaire à ne rien faire d’autre qu’écrire ? Là encore tu es un écrivain ; Djian lui-même, celui de 37,2°C le matin écrivait ses nouvelles alors qu’il bossait à un péage d’autoroute, la nuit, seul dans sa guérite. Il avait le feu sacré, la passion le dévorait tout cru.


     N’oublie jamais que les plus grands n’ont jamais été riches : Salinger, Kerouac, Miller, Bukowski, Fante… N’oublie pas non plus que les « stars » de l’édition française sont des produits qui ont bénéficiés des plus gros budget com’ et qu’ils n’arrivent pas à la cheville du Voyage au bout de la nuit. N’oublie pas que si Musso vend par palettes entières et que si les éditions spécialisées dans la Bit Lit (les romans avec des vampires dedans qui ne sont pas vraiment méchants et qui ne baisent jamais, bref des fiottes) font un tabac, c’est pas forcément signe de qualité.
Wilovewordien, wilovewordienne, en vérité, je te le dis : Il y a de la qualité, ici bas. Prend confiance, travaille ton écriture, ton style, donne toi à fond : écrivain, tu l’es déjà.

  • Ce texte m'a touché, car je ne suis ni auteur, même si je fais 1m87, ni dramaturge, même si ma vie est un drame qui ne regarde que moi. En plus, je ne suis pas narcissique pour deux sous, vu que je suis fauché comme les blés.

    Par contre je suis bien hauteur de poème à problème. Dois-je créer une nouvelle catégorie pour autant ? Sujet très explicite en tout cas.

    · Ago almost 9 years ·
    Yin   yang   2016

    Patrice Merelle

  • ben moi, je ne me pose pas toutes ces questions! j'écris et puis c'est tout!

    · Ago almost 9 years ·
    Img 0052 orig

    Karine Géhin

  • Bravo mon cher Arthur, de la poésie spontanée, j'apprécie l'effort !

    · Ago almost 9 years ·
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    Jean Louis Michel

  • c'était un écrivain qui écrivait en vain, mais pas un aigrit vain, plutot une sorte d'auteur qui prenait de la hauteur sans être hautain. Un écrivailleur en haillon, souvent ailleurs d'ailleurs...Un "négrivain" aussi, nègre de lui-même, un espèce de compositeur compostant des mots, un scribe-bouilleur bouillant de phrases, un écriveur-riveur rivant des mots aux rives ivres de ses livres.

    · Ago almost 9 years ·
    P1000170 195

    arthur-roubignolle

  • Hou-là le piège !!! En ce moment le gros buzz littéraire, aux États-Unis, ce sont les enfants écrivains qui publient (ça commence à 4 ans, en gros et c'est paaaaas du tout téléguidé) comme quoi, les goûts et les couleurs... Bon, il y en a pour cracher sur Gavalda, d'autres sur la littérature de gare, ce sont les mêmes qui critiquent Avatar et se pâment devant Goddard. Tout cela est bien trop subjectif. Finalement, ce que le lecteur cherche c'est le divertissement, la connaissance, l'émotion... C'est déjà beaucoup et pourtant ce n'est pas suffisant. Comme je le dis plus haut, il faut également le travail, la rigueur, il faut produire, s'y mettre régulièrement, celui qui écrit sérieusement doit être exigeant avec lui même, sinon à quoi bon?

    · Ago almost 9 years ·
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    Jean Louis Michel

  • Vi, vi... "qui est habile dans l'art d'écrire" = écrivain. Dixit ton texte. Peux-tu nous faire maintenant un article sur "qui est habile dans l'art d'écrire"? D'avance un grand merci ;-)

    · Ago almost 9 years ·
    Locq2

    Elsa Saint Hilaire

  • Là ou tu te trompes, je crois, c'est que ça n'est pas (toujours) par excès de modestie que "nous" reculons devant le terme écrivain. Nous ne sommes pas une masse de complexés, me semble-t-il.
    Je pense pouvoir regarder dans les yeux, à tort ou à raison, certains professionnels de l'écriture, et beaucoup ici peuvent en dire autant, sans quoi ils ne publieraient pas sur le site (au moins par respect des lecteurs).
    Le débat, ici, porte plus sur le sens du mot écrivain que beaucoup définissent comme étant une personne qui vie de sa plume.
    Ce n'est, en somme, qu'une question de vocabulaire, un débat d'interprétation plutôt qu'une affaire de complexes.
    Le sens du mot écrivain se joue dans le dictionnaire, et, comme tu l'as noté, dixit le Larousse, des écrivains nous sommes, pas nécessaire d'en vivre.

    Mais, en fin de compte, qu'importe notre dénomination, la passion prévaut sur tout.

    · Ago almost 9 years ·
    Vintage headless man by hauntingvisionsstock 1

    Yannick Darbellay

  • Moi j'ai juste envie de dire merci pour ce texte parce que je me reconnais bien dans tes mots. Je n'ai plus 20 ans et pas la dose de confiance de la demoiselle. Non, moi je me bats encore (avec ma timidité) pour assumer de dire que peut-être, oui de temps en temps, je griffonne quelques mots sur une feuille pour éventuellement, un jour, être lu. Alors merci pour cette reconnaissance... et ce petit coup dans la fourmillière

    · Ago almost 9 years ·
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    emmi

  • Je ne sais quel imbécile avait dit un jour, « si vous n’êtes pas édité, vous n’existez pas ». C’était sans doute vrai il y a vingt ans, mais aujourd’hui, grâce à Internet, grâce aux forums et aux blogs, grâce aussi à l’édition numérique, vous avez la possibilité d’exister. Pour moi, vous êtes tous des inconnus, nous ne nous sommes jamais vu et je n’ai aucune idée de votre profession. De vous je ne connais que nos dialogues ici, et surtout : vos textes, ceux dont vous êtes les « auteurs ». à mes yeux donc, vous êtes écrivains, des gens qui écrivent.

    · Ago almost 9 years ·
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    Jean Louis Michel

  • Et puis au fond, doit-on être fabuleusement génial pour se parer du titre « d’écrivain » ? Nous avons tous, un jour, jeté un livre que nous avions trouvé extrêmement mauvais, parfois d’un « auteur » qui avait publié à de multiples occasions. Les critiques ne manquent pas d’écrivains qui se font descendre à chaque fois qu’ils lèvent le petit doigt sur une touche de son clavier, alors ? La faute d’un éditeur qui se sera fait berné par un usurpateur ?

    · Ago almost 9 years ·
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    Jean Louis Michel

  • Vous avez déjà effectué une énorme partie du chemin. Alors, ne croyez pas que le terme n'appartienne qu'à une portion infime de privilégiés. Vous pratiquez en amateur, peut-être, mais je pense sincèrement que vous ne pouvez plus renier ce que vous êtes devenu à force de travail.
    Nous savons tous pertinemment qu'être publié n'arrive que très difficilement, mais vous devez également vous persuader que dans la foule des manuscrits refoulés, beaucoup le sont non pas parce qu'ils sont mauvais, mais parce qu’un directeur de collection devait simplement faire un choix. Preuve en est que dans l'auto édition se trouvent des romans qui font un carton après avoir été refoulé de partout.

    · Ago almost 9 years ·
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    Jean Louis Michel

  • Je vous ai tous lu avec attention, ce qu'il en ressort ce sont des tonnes de modestie et le sentiment que le qualificatif même d'écrivain a fait l’objet d’un Hold-up germanopratin. Comme s’il devait forcément y avoir une hiérarchie avec des chefs, des sous chefs, et des sous-sous chefs. Au début j'avais ce même apriori, je me disais que j'étais juste un mec qui écrit, rien de plus, un gars qui noircit des pages dans un coin, mais qui devait laisser la place aux autres, les vrais... Pourtant, vous tous, ici avez fait plus que de laisser pour vous, au fond d'un tiroir, un paquet de notes et de manuscrits ; beaucoup ont déjà fait la démarche d'envoyer des tapuscrits à quelques maisons d'éditions ; d'autres publient déjà à compte d'auteur, et finalement, tous ici, sans exception, vous soumettez vos nouvelles ou vos poèmes à la lecture et à la critique des membres de WLW.

    · Ago almost 9 years ·
    Stamped 500

    Jean Louis Michel

  • Doit on toujours catégoriser ce que l'on fait ? Doit on tout nommer ?
    J'écris mais je ne cherche pas à dénommer ce que je fais
    J'écris des textes certains plus poétique mais j'ai toujours du mal à les mettre en tant que poésie.
    Ecrivain ? Non, je rejoins le point de vue de Wen.
    Peut être aussi que je sacralise "l'écrivain" et que me comparer à de grands me semblerait très prétentieux

    · Ago almost 9 years ·
    Tyt

    reverrance

  • je relis le vie de Totor Hugo , lui aussi avait la vocation et le doute et pourtant la volonté l'a emporté sur le doute, et ce fut la réussite que l'on connait, par contre dans ses oeuvres il a toujours respect son idéal de jeunesse avec l'évolution de l'âge. Ceci dit, je me fous de savoir si je suis écrivain, auteur ou tagger de papelard, je griffonne par amour des mots , pour mettre en place les idées qui fusenr de mes veines d'encre, l'avenir de mes pochades ou de mes délires poétiques ne dépend absolument pas de moi et le reste n'est qu'une forme de manifestation de la chance du destin ou même de la connerie des responsables de l'édition ... alors écrivons et que vogue le galère vers le port où le naufrage!!!!!

    · Ago almost 9 years ·
    Mariage marie   laudin  585  orig

    franek

  • Ah ! le syndrome de l'imposteur ! Il y aurait tant à en dire... Mais peut-être pourait-on alors faire la distinction entre écrivain professionnel et écrivain amateur ? écrivain à mi-temps aussi ?

    · Ago almost 9 years ·
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    Jean Louis Michel

  • Désolé mais si je me décris comme écrivain, j'ai le sentiment d'être un imposteur.
    J'écris, oui ça c'est sûr. Je suis l'auteur d’œuvres littéraires, ça aussi d'accord. Mais écrivain, non. Je n'en vis pas. C'est la différence que je fais.
    Alors est-ce que j'ai envie de faire du Musso pour en vivre quitte à publier quelques merdes écrites au kilomètre qui se vendent ou bien d'être un incompris torturé, malheureux mais génial reconnu après ma mort ??? Bonne question.
    Ma réponse c'est : j'écris en essayant de pondre des trucs lisibles/distrayants/excitants parce que ça me plait et si on peut me lire et me donner son avis pour que les écrits suivants s'améliorent, c'est pas plus mal.
    Mais écrivain, non, désolé, je ne pense pas.

    · Ago almost 9 years ·
    Francois merlin   bob sinclar

    wen

  • Ce texte me fait penser à une autre distinction: celle entre les brocanteurs et les antiquaires. J'étais une Broc méprisée par des types prétentieux, d'une honnêteté parfois douteuse, lesquels me la jouaient parce qu'ils avaient un beau gros pas de porte hérité de leurs parents, des rouleaux de billets plein les poches, des commodes à 200 KF, des gros breaks rutilants. Un jour je voulus acheter à l'un d'eux une table 1920 pour une somme modeste et une clientèle de même. Non, me dit-il, je vais la transformer en table Louis XVI en rajoutant des filets dorés et des cabochons aux pieds. Je la vendrai 10 fois le prix. Toujours des histoires de fric et de "vitrine" derrière chaque pseudo distinction de métier et de pratique. J'espère que c'est pas grave, mais à 20 ans, la seule idée qui me faisait envie, était d'écrire!

    · Ago almost 9 years ·
    Img 1518

    divina-bonitas

  • C'est drôle, on se braque sur l'exemple de la gamine, mais ce que je veux dire par là, c'est que l'écriture vient en écrivant. C'est le résultat d'un processus, c'est pas un métier qu'on s'invente, sauf si on a des appuis dans le milieu. Avant de postuler il faut un minimum d'humilité, parce que si on pond une bouse énorme, l'égo en prendra un coup d'autant plus grand quand tomberont les premières critiques.

    · Ago almost 9 years ·
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    Jean Louis Michel

  • Texte intéressant. La passion de l'écriture ne se définit pas dans un dictionnaire!

    Et, je t'accorde qu'une gamine de vingt ans comme tu dis qui affirme qu'elle veut devenir écrivaine, avec une moue snobe et des inflexions de voix maussades, ça peut agacer.

    Mais moi je me dirais que c'est mieux ça que de vouloir faire secret story et que et bien elle a de la chance d'avoir un rêve, je me dirais aussi qu'on a une passion en commun et que c'est chouette. Je serais curieux de savoir comment elle écrit. Je penserais encore qu'avec tellement d'assurance, pour peu qu'elle ait du talent, elle pourrait bien finir par y arriver. Et puis que si le talent est là, et bien pourquoi elle ne se la jouerait pas, après tout.
    Bref j'essaierais d'en savoir plus plutôt que de tirer des conclusions hâtives et un brin acrimonieuses.

    Si elle est moche c'est différent... (je plaisante!! ne m'incendiez pas!!!)

    · Ago almost 9 years ·
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    Yannick Darbellay

  • Flute, tout d'un coup je me rends compte que je vous accable d'une nouvelle responsabilité ! :-)

    · Ago almost 9 years ·
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    Jean Louis Michel

  • bon ben maintenant, c'est clair!!
    merci pour cette pensée du jour!

    · Ago almost 9 years ·
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    Karine Géhin

  • et si j'écris une réaction, on peut dire c'est un écrit vain ? :)
    Style très très agréable, j'aime beaucoup !

    · Ago almost 9 years ·
    Tyt

    reverrance

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