L'autoroute 3x6

wen

Une procession ininterrompue de camions semi-remorques passait dans un fracas assourdissant de l’autre côté du terre-plein tandis qu’Elsa attachait Pauline et Jules à l’arrière du break. L’un dans son siège bébé et l’autre sur son rehausseur.

Cette pause était vraiment nécessaire après le trajet déjà effectué. Surtout qu’il fallait gérer l’excitation des enfants sur la longueur pensa-t-elle. Il restait encore six heures de route. Il est plus que temps de repartir, se dit-elle tout en arrivant enfin à imbriquer les attaches de ce satané siège bébé.

Elle regarda en direction du bâtiment abritant la boutique de la station-essence de l’aire sur laquelle ils s’étaient arrêtés.

Il n’est pas dans son assiette depuis plusieurs jours pensa-t-elle. J’espère bien que ces deux semaines de congés vont lui faire du bien ! Mais que fiche-t-il donc ? Il en met un temps pour aller aux toilettes.

Cela faisait même plusieurs mois qu’elle ne le trouvait pas bien.

Deux ans presque jour pour jour après qu’ils se soient installés dans la banlieue caennaise, il avait enfin réussi à décrocher le nouveau poste qu’il souhaitait depuis si longtemps. Elsa n’avait jamais très bien compris en quoi consistait véritablement le métier d’Olivier. C’était d’ailleurs un sujet de plaisanterie entre eux lors des dîners chez les amis. Régulièrement, elle aimait jouer la cruche.

— Oh moi vous savez, je ne sais pas du tout ce qu’il fait Oliv’, mais ça doit être compliqué hein ? disait-elle en secouant la main rapidement tout en faisant un o avec sa bouche. Elle continuait généralement en forçant la pose de midinette blonde écervelée. Ça doit être très compliqué parce que quand je regarde parfois ce qu’il ramène à la maison, c’est plein de chiffres partout…

Cela avait un effet immédiat et faisait rire toute l’assistance. Lorsqu’elle était en forme, elle en rajoutait en ironisant sur ses mèches blondes. N’ayant absolument aucun problème à se moquer d’elle-même et disposant d’une capacité rare à ne pas se prendre au sérieux, elle adoptait souvent un petit côté superficiel voire totalement frivole décrochant des sourires complices à tous les convives lorsqu’ils ne pouffaient pas totalement de rire.

Mais le pire, se disait-elle presqu’invariablement dans un éclair de lucidité, c’est que je ne sais vraiment pas précisément ce que fait mon mari. Et tout en continuant son petit numéro, à chaque fois elle se promettait de lui demander véritablement un jour.

Après des études supérieures en mathématiques, Olivier s’était tourné vers le monde de la finance. Autant par opportunisme que mû par un intérêt réel, il avait réussi à entrer dans un troisième cycle lui permettant pendant un an de faire le lien entre les mathématiques fondamentales sur lesquelles il avait travaillé jusqu’ici avec le monde de la modélisation des mathématiques financières.

Il avait adoré. Il avait trouvé un métier qui laissait une latitude inimaginable à son imagination dans son monde cartésien. Les mathématiques le rassuraient. Il se sentait à l’aise dans ce monde de chiffres où deux et deux font toujours quatre quel que soit ce dont on parle. Avec les chiffres, pas de peut-être, pas d’approximation, pas d’hésitation. C’était vrai ou faux, bon ou mauvais.

Comme il était bon, il se réfugia dans son monde sans pour autant devenir un de ces fondus dont il fuyait la compagnie.

Lorsque ses parents lui apprirent qu’ils souhaitaient divorcer, Olivier ressentit une profonde déchirure. Mais pourquoi donc fallait-il que les choses ne soient pas intangibles. Ses parents formaient un couple dont il n’avait jamais imaginé qu’il pouvait un jour éclater. Son père et sa mère étaient fusionnés dans leur vie de couple. Même s’ils existaient bien sûr de manière distincte, ils faisaient partie d’un ensemble parfait, dénombrable, et indissociable. Ils ne pouvaient pas se séparer. Mais ils divorcèrent. Et Olivier perdit encore un peu plus sa foi en la nature humaine, changeante, mouvante, anti-mathématique.

Lors de sa dernière année, il choisit un beau matin d’aller suivre une matière dans le bâtiment contigu du campus qui hébergeait la fac de droit et de sciences éco. Il choisit un cours magistral de fiscalité. En seulement quelques cours, il comprit tout l’intérêt des mathématiques dans le monde réel de la vraie vie. Tout l’intérêt applicatif s’entend. Il y découvrit des étudiants en droit qui pinaillaient sur des questions humaines, des questions d’interprétation de telle ou telle phrase d’un code quelconque. Mais lui, la seule chose qu’il voyait c’est que quelle qu’était la direction dans laquelle les interprétations obscures des uns ou des autres les emmenaient, il fallait toujours y faire des calculs. Et ça ! Personne ne pouvait lui enlever. Il retombait toujours sur ses pieds, sur des mathématiques, sur du solide, du concret, de l’intangible.

Il y découvrit Elsa surtout.

Bien sûr il avait eu des petites amies au lycée. Mais naïf et même crédule, il se laissait embarquer dans des histoires où elles le menaient en bateau trop facilement.

Il était plutôt beau garçon, bon en classe et sportif donc intéressait de manière assez classique les filles. Comment un jeune homme, avec à première vue autant de qualités, ou du moins, si peu de défauts apparents, pouvait-il être si réservé, si timide et survoler avec autant d’indifférence et de négligence les batailles de clans qui se déroulent dans toutes les cours d’école du monde. Elles s’approchaient donc de lui, le séduisaient et lui, comme le premier imbécile venu, tombait amoureux en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Lorsqu’elles comprenaient que sa distance naturelle n’était que la marque d’un profond désintérêt et non pas les manifestations d’un esprit poétique supérieur et contestataire, le mystère était éventé.

Il ne leur restait alors qu’à se défaire d’un garçon devenu d’un coup beaucoup moins intéressant et même inutile pour les mettre en valeur.

S’étant fait avoir à deux ou trois reprises, Olivier en avait développé une méfiance épidermique à l’égard de la nature humaine qui de toute façon ne pouvait que le décevoir par son inconstance et son inconsistance.

Les choses furent beaucoup plus simples avec Elsa. Ils se rencontrèrent, se découvrirent et s’aimèrent. Ils avaient vingt-quatre ans. Aujourd’hui, ils en avaient trente-quatre et la vie avait bien changé. Elsa réussit à obtenir le certificat nécessaire à l’exercice de la profession d’avocat et intégra rapidement un des grands cabinets de conseils juridiques et de consulting pour travailler sur des projets extrêmement complexes de fusion-acquisition de sociétés diverses et variées. Et Olivier devint rapidement un analyste financier hautement compétent. Les grandes sociétés parisiennes le courtisèrent à grands renforts de salaires et de bonus exorbitants pour sa capacité à manier plus vite, plus intelligemment et plus efficacement que les autres, l’ensemble des modélisations mathématiques nécessaires de son métier. Il se montra autant à l’aise sur les places de marchés boursiers que sur des postes plus spécifiques – et très à la mode – de restructuration de dettes par des produits financiers élaborés et surtout extrêmement profitables pour ses employeurs et commanditaires.

Ils vécurent ainsi pendant quelques années, subissant la course effrénée des jeunes diplômés. Puis Elsa tomba enceinte.

Un accident.

Un très heureux accident.

Même si elle travailla jusqu’à la dernière limite de sa grossesse, Elsa leva le pied pour s’occuper de Pauline dans les quelques mois qui suivirent son arrivée. Et effectivement, elle prit la résolution de répondre aux e-mails qui s’accumulaient sur son blackberry à heure fixe plutôt qu’au fil de l’eau. La décision de ne pas répondre aux appels téléphoniques s’imposa d’elle-même après plusieurs essais infructueux où les cris de Pauline ou bien la terreur de la réveiller eurent raison de ses appels professionnels.

Comme Olivier s’en doutait, elle voulut retourner au bureau rapidement et c’est ce qu’elle fit quelques mois après l’accouchement.

Malheureusement, elle ne pouvait plus partir du bureau à vingt-deux heures, trois ou quatre soirs par semaine comme elle le faisait auparavant. Elsa comprit rapidement que sa carrière n’avancerait plus et c’est finalement avec un certain soulagement qu’elle se rendit compte quelques mois plus tard qu’elle était de nouveau enceinte.

Jules naquit dix-huit mois après sa sœur et Elsa trouva une vraie satisfaction à passer du temps avec ses enfants. Contrairement à sa première grossesse qu’elle vécut finalement assez mal – elle l’admit enfin –, elle se rendit compte que son travail ne lui manquait finalement pas tant que ça. Olivier sentit une ambiance plus détendue à la maison et dans son couple. Ca allait mieux, beaucoup mieux.

Aujourd’hui les enfants étaient plus grands et Elsa n’avait jamais repris le travail après la naissance de Jules. Le salaire et les différents bonus d’Olivier étaient largement suffisants pour leur offrir une vie confortable, même en région parisienne. Ils firent l’acquisition d’une résidence secondaire dans le calvados, près du bord de mer. Elsa s’y rendait régulièrement seule le week-end avec les enfants, Olivier travaillant beaucoup. Pourtant, ils ne s’éloignèrent pas pour autant l’un de l’autre. Même au plus fort de ses pics d’activité, Olivier n’oubliait jamais d’être proche des enfants et des préoccupations qui leur étaient liées. De plus, Elsa savait le rappeler à l’ordre lorsqu’il s’éloignait trop et se désinvestissait de la famille. Elle avait cessé de travailler, avait fait le choix d’être une femme-à-la-maison mais gardait toujours le lien solide avec les préoccupations de travail de son homme et savait parfaitement le faire redescendre sur terre quand c’était nécessaire.

Elsa se dit qu’ils s’étaient construits une belle petite vie et ils étaient heureux.

Durant ces quelques années, Olivier travaillait dur et petit à petit, sans forcer, doucement, leur vie s’était organisée calmement et simplement. Et comme Elsa était heureuse, comme les enfants étaient épanouis et semblaient vivre un beau début d’enfance, alors il l’était aussi.

De surcroît, il excellait dans son travail et était largement rémunéré à la hauteur de son investissement intellectuel. Rapidement, il devint capable de transmettre à ses collaborateurs ses méthodes de travail et ses raisonnements qui faisaient toute la différence avec ses homologues. Il fut ainsi très vite transféré sur des activités liées à la modélisation de produits financiers innovants.

Ces nouvelles fonctions l’excitaient terriblement. Il devenait créateur. Ses compétences mathématiques ne servaient plus à agencer une foultitude de paramètres divers mais bien à créer de toute pièce des produits financiers innovants à destination d’institutions bancaires.

Il acquit rapidement une notoriété toute relative puisque cantonnée dans son milieu professionnel mais fut rapidement contacté plus ou moins directement par différentes structures désireuses de s’attacher ses services.

Attiré par sa créativité et son efficacité, un groupe international de la grande distribution lui fit une offre qu’il ne put refuser. Il devait prendre en charge l’ensemble des considérables activités financières du groupe pour le monde entier. Cerise sur le gâteau, de son point de vue en tout cas, le poste était basé en Basse-Normandie, à Caen, au siège international des activités comptables et financières du groupe.

Un nouveau challenge, un nouvel environnement, une situation géographique qu’il connaissait et appréciait, une rémunération fixe plus que substantielle et une partie variable hautement motivante. Bref, il ne fallut pas beaucoup de discussions entre Elsa et lui pour répondre favorablement.

Avec un enthousiasme réel.

Deux mois plus tard, toute la famille faisait ses bagages, direction la Côte de Nacre. Malheureusement, après son entrée dans la société, des réaménagements internes mirent un coup d’arrêt immédiat à son installation dans ses nouvelles fonctions. Olivier se retrouva piégé comme un débutant.

Ils avaient tout laissé en région parisienne pour venir s’installer en Normandie. Ils avaient fait des démarches demandant une pugnacité incroyable auprès des écoles pour les enfants. Olivier avait vendu leur appartement et leur résidence secondaire pour faire l’acquisition de leur nouvelle maison. Tout ceci leur avait demandé une débauche d’énergie monumentale, il était hors de question de tout remettre en cause pour un simple contretemps. Olivier prit donc son mal en patience, rassuré par les plus hautes instances du groupe qu’il aurait bel et bien la place qui lui revenait dans quelques mois.

Les quelques mois se transformèrent en un peu plus d’une année. Olivier était bien sûr payé par le groupe, il avait un bureau, un secrétariat, était convié à des réunions importantes et fondamentales mais il s’ennuyait terriblement. Il avait un salaire, un salaire exorbitant même. Exorbitant car il n’avait pas de travail.

Elsa le vit sombrer dans l’ennui rapidement et ils sauvegardèrent leur moral et donc leur couple au prix de nombreuses heures de discussions, de motivation et surtout, à la grâce d’escapades régénératrices avec les enfants sur le bord de mer.

Puis enfin, au bout de deux ans d’attente, il obtint le poste pour lequel on l’avait initialement recruté.

D’abord exalté, heureux d’atteindre enfin ce qu’il voulait, Elsa constata que depuis quelques mois, il avait changé. Olivier était devenu plus sombre, plus mystérieux, préoccupé. Elle avait mis ceci sur le compte de son nouveau poste sans chercher plus avant.

Toutefois, elle avait parfaitement vu la différence et commençait à s’en inquiéter. Ce n’était pas son genre de l’exclure ainsi de ses préoccupations. Elle comptait bien mettre à profit leurs vacances en Ardèche pour tirer cela au clair. C’est lui qui avait prit la décision de faire dans le style nature ou retour aux sources.

— Allez hop, avec l’arrivée du mois de juillet, nous partons tous pour deux semaines en Ardèche avait-il proposé à la cantonade en rentrant un soir.

D’abord surprise, d’une part de cette idée, et d’autre part, du timing choisi par Olivier, elle avait accepté avec joie pensant que cela leur permettrait de se retrouver un peu après ces quelques mois compliqués.

— Et même si nous n’avions pas prévu de partir en vacances ni à ce moment là, ni à cet endroit là, pourquoi pas se dit Elsa. Finalement c’était une bonne idée.

Et c’est ainsi qu’elle se retrouvait sur cette nouvelle portion d’autoroute fraichement inaugurée, les portes arrières grandes ouvertes, Pauline et Jules en train de cuire doucement à l’intérieur, en train d’attendre monsieur qui n’arrivait pas à sortir du magasin où il était parti acheté on-ne-sait-quoi.

— Mais que fiche-t-il à la fin s’exclama-t-elle en soufflant d’exaspération. Je ne vais quand même pas détacher les enfants pour aller voir ce qu’il fait.

Elle hésita une seconde.

Les enfants étaient bien attachés dans la voiture, ils ne risquaient pas de s’échapper. Certes il y avait du monde sur cette aire d’autoroute mais pas quand même au point d’être paralysé par la peur qu’il arrive quoi que ce soit alors qu’elle se rend à moins de cinquante mètres de la voiture.

— Bon allez se dit-elle, je vais quand même aller voir ce qu’il fiche.

Elle pencha la tête vers l’intérieur de la voiture et s’adressa à Pauline.

— Ma chérie, tu surveilles ton frère s’il te plait et vous ne bougez pas d’accord, lui intima-t-elle. Je vais voir ce que fiche papa.

— D’accord maman répondit très sérieusement la petite fille, comprenant l’enjeu et la responsabilité que sa mère lui accordait.

Elsa franchit la première contre-allée d’un pas décidé, résolue à passer une bonne petite soufflante à Olivier pour son retard. Arrivée devant la boutique, elle jeta rapidement un coup d’œil à la voiture au loin. Elle hésita une seconde puis entra dans le magasin avec la ferme intention de n’y rester que quelques secondes.

— Juste le temps de voir ce qu’il fabrique se dit-elle.

Elle passa la tête dans le magasin, regarda entre les rayons. Elle ne vit personne.

— Punaise mais qu’est-ce qu’il fiche dit-elle tout haut.

La patience commençait à lui manquer sérieusement. Elle ressortit immédiatement du magasin, regarda la voiture. Rien ne paraissait anormal. Elle s’engouffra de nouveau dans la boutique. Toujours pas d’Olivier.

Elsa commença sérieusement à s’énerver. Elle s’adressa à la caissière sans ménagement.

— Je cherche mon mari, un homme assez grand, plutôt costaud, châtain, les cheveux mi-longs, vous ne l’auriez pas vu lui demanda-t-elle avec un débit rapide.

— Non je n’ai vu personne comme ça lui répondit-elle en faisant claquer son chewing-gum juste avant de se retourner pour faire autre chose en prononçant un Désolé complètement étouffé.

— Ah merde ! pesta Elsa.

Elle ressortit pour jeter un nouveau coup d’œil à la voiture.

Mais qu’est-ce que c’est que ces gens à côté de la voiture ? dit-elle tout haut.

Elsa courut vers la voiture. Deux hommes visiblement très musclés et habillés tout en noir se trouvaient près de la voiture. Que voulaient-ils ? Elsa courut encore plus vite tout en hurlant.

— Stop ! Arrêtez ! Ne vous approchez pas de mes enfants ! Ecartez-vous. Elle cria de plus belle au fur et à mesure qu’elle approchait. Ecartez-vous je vous dis.

Elle arriva près de la voiture en un instant. Les hommes s’étaient écartés.

— Ne vous en faites pas madame lui répondit l’un d’eux en levant les mains comme s’il voulait prouver son innocence.

Elsa remarqua un fort accent de l’est, russe ou slave.

— Que voulez-vous, pourquoi vous êtes vous approchés de mes enfants leur demanda-t-elle tout en vérifiant à l’intérieur que tout allait bien.

Les enfants avaient l’air calme. Aucun problème apparent.

L’autre homme lui répondit, avec le même accent

— Ne vous inquiétez pas madame, tout va bien pour vos enfants. Aucun problème, lui dit-il en roulant les “ r ”.

— Alors que voulez-vous, que faites-vous ici leur demanda-t-elle immédiatement du tac au tac en leur lançant un regard méchant.

— Madame, lui dit calmement le second. Ce ne sont pas vos enfants qui nous intéressent. Même votre mari ne nous intéresse pas. Ce n’est qu’une garantie pour nous.

— Une quoi ? Elsa ne comprenait rien. Pourquoi parlait-il d’Olivier.

— Une garantie petite madame. La seule chose qui nous intéresse, c’est de récupérer ce qui nous appartient. Vous comprenez ?

— Non répondit Elsa avec fureur. Je ne comprends absolument rien à ce que vous dites et je m’en fiche. Où est Olivier cria-t-elle avec force en s’approchant du molosse.

— Ne le prenez pas comme ça chère madame continua-t-il sur le même ton. Votre mari est… en sécurité avec des amis à nous. Elsa fit de grands yeux ronds d’étonnement. Elle ne put rien dire et le laissa continuer. Il restera en notre compagnie tant que vous n’aurez pas retrouvé et que vous ne nous aurez pas rendu ce qui nous appartient.

Elle était stupéfaite. Mais qu’est-ce que c’était que cette histoire. Jules, sentant la tension qui flottait, commença à pleurer. Fort. Très fort. Elsa ne l’entendait même pas. Son regard était resté scotché aux yeux de ceux qu’elle n’arrivait toujours pas à appeler les ravisseurs de son mari.

Le deuxième homme reprit la parole.

— Vous avez sept jours. Sept jours pour honorer la parole de votre mari, pas un de plus lui dit-il méchamment. Puis il reprit en laissant trainer sa voix. Sinon…

Il ne termina pas sa phrase. Il fit un signe à son acolyte et ils disparurent tous les deux en une fraction de seconde.

Elsa restait interdite, sur cette aire d’autoroute à essayer d’assembler toutes les pièces de l’invraisemblable puzzle quand tout à coup elle se souvint de ce qu’Olivier lui avait dit juste après qu’il ait proposé ces vacances. Elle n’y avait pas fait attention sur le moment et n’avait même pas trouvé ça idiot. Elle ne l’avait juste pas entendu et maintenant elle se le prenait de plein fouet.

— S’il arrive quelque chose d’inhabituel, ouvre le dossier “ Mandelbrot ”.

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Synopsis

Chap. I : Elsa et Olivier forment un couple parfait avec leurs deux enfants. Après une période professionnelle délicate, Olivier décide d’emmener tout le monde en vacances surprise. Sur la route, il est séquestré, laissant seule Elsa avec les enfants.

Chap. II : Après avoir mis les enfants en lieu sûr, elle se plonge dans les affaires de son mari où elle découvre énormément de détails troublants. Olivier ne serait pas celui qu’elle croit. Elle comprend qu’elle devra vraisemblablement se débrouiller seule.

Chap. III : Déroulant les activités cachées de son mari grâce à un mystérieux Benoît, elle va rencontrer une mystérieuse femme en banlieue parisienne avec qui Olivier était en affaire. Elle découvre que cette femme participait énormément au train de vie de sa propre famille.

Chap. IV : Ses investigations la conduisent à des montages immobiliers douteux à l’étranger dans lesquels Olivier est très impliqué. Elle pensera avoir découvert la cause de son enlèvement.

Afin de ne pas compliquer sa situation, elle se résout à régler la situation avec l’aide de Benoît.

Chap. V : Elsa a enfin des nouvelles d’Olivier. Il ne lui reste plus que trois jours pour régler la situation.

Pensant être sur le point de dénouer la situation, un terrible dilemme se pose alors à elle.

Chap. VI : Benoît qui était au courant de la plupart des activités d’Olivier se rend compte qu’il a été abusé lui aussi. Seraient-ils tous les deux les simples instruments d’une situation aux enjeux beaucoup plus complexes ?

Chap. VII : Elsa et Benoît vont déployer une énergie considérable pour tenter de libérer Olivier. Toutefois, la situation se complique quand ils s’aperçoivent qu’ils ne sont pas les seuls à vouloir récupérer Olivier.

Chap. VIII : Au terme d’une situation particulièrement périlleuse, l’échange se concrétise entre les ravisseurs et Elsa. Néanmoins, ses recherches ont laissé beaucoup de questions sans réponse. La liaison particulière entre Benoît et Elsa a laissé de profondes traces et plus rien ne sera comme avant.

Chap. IX : Sur la route pour aller récupérer les enfants, de multiples indices mèneront Elsa vers une conclusion difficile à accepter. Et si chacun n’était finalement pas ce qu’il dit être ? En proie au doute, un événement viendra éclaircir toutes les questions.

Chap. X : Les auteurs de la manipulation seront confondus mais ces péripéties ont détruit le couple d’Elsa et Olivier. Ils devront composer avec leur nouvelle vie, tout comme Benoît. Reste à savoir si tous les fils auront été suffisamment démêlés…

2527 caractères word

  • Première chose : Et oui, comme tu le vois, j'ai réussi à me motiver un peu.
    Deuxième chose : Merci beaucoup, ravi que ça t'ait plu.
    Troisième chose : Bonne chance à toi aussi avec le compère Will. Dans tous les cas, vous travaillez à votre suite n'est-ce pas ? Je l'espère en tout cas.

    · Ago over 6 years ·
    Francois merlin   bob sinclar

    wen

  • Wen, première chose: ravie de voir que tu as réussi à écrire dans les temps!
    deuxième chose: très bien écrit!
    troisième chose: bonne chance pour le concours!

    · Ago over 6 years ·
    Img 0052 orig

    Karine Géhin

  • Alors ça me fait très plaisir, merci beaucoup de ton passage ici.
    Sinon, je suis sur les ukrainiens plutôt que sur les russes mais un rien les sépare.

    · Ago over 6 years ·
    Francois merlin   bob sinclar

    wen

  • J'aime beaucoup Wen. Ah, les russes! Bonne chance pour le concours.

    · Ago over 6 years ·
    Img 1518

    divina-bonitas

  • @SophieL : Et bien j'en suis ravi ! Si j'ai réussi à faire monter la pression, tant mieux !
    Pour la suite, désolé mais je ne peux te dire que de prendre ton ticket pour la file d'attente... ;-) La chef de file, c'est Sweety ! (mais Will T. n'est pas mal non plus)

    @Sweety : Tu vois ! Tu peux ajouter SophieL à la liste... Et Mercure n'est pas oublié, il est soigneusement rangé dans un coin, c'est tout ! Prêt à ressortir pour mes longues soirées d'hiver au coin du feu...

    · Ago over 6 years ·
    Francois merlin   bob sinclar

    wen

  • Alors, mon cher Wen, je vois que tu y es arrivé! Bien, j'ai tout lu et la pression est montée tout au long de ma lecture. Sans le vouloir, on est accrochés, même la lecture sur écran en devient presque agréable, c'est dire...
    Une suite me parait indispensable... :)

    · Ago over 6 years ·
    Adam orig

    sophie-l

  • @Will, Thalia,et Woody si vous arrivez a le convaincre d'en faire plusieurs chapitres Chapeau!J'attends toujours la suite de Mercure (il avait dit en septembre!!!!) :)
    et Wen t’inquiète pas des que je peux...

    · Ago over 6 years ·
    Suicideblonde dita von teese l 1 195

    Sweety

  • @Woody : Parce que c'est obligatoire mon cher ! Ils demandent le synopsis dans le texte du concours. Mais tu as bien fait de ne pas le lire, j'ai fait de même pour d'autres textes. Inutile de gâcher le plaisir par avance.
    Sur le domaine de la finance, comme Thalia, tu as parfaitement raison, c'est un monde de chien et il y a tellement de possibilités d'escroqueries... C'est presque trop simple dans ce domaine !

    @Christinej : Merci beaucoup de ton commentaire, ça faisait longtemps que je n'avais pas eu de tes nouvelles et ça fait bien plaisir.
    Tu as raison, j'aime bien créer une certaine intimité avec les personnages. Et si j'ai réussi à te faire entrer dans l'histoire, alors j'en suis très heureux. Merci beaucoup en tout cas.

    · Ago over 6 years ·
    Francois merlin   bob sinclar

    wen

  • @Thalia : Merci beaucoup pour le vote (même si je suis persuadé que ce n'est pas utile à quoi que ce soit). Sur ta remarque, tu as raison, ça commence à bouger assez tard mais je te réponds : Et encore ! Il a fallu que je me fasse violence pour commencer à bousculer un peu tout ce petit monde car j'étais parti pour laisser filer encore une bonne dizaine de pages minimum... J'aime bien faire connaissance avec mes personnages avant de faire exploser leurs vies ! L'avantage (et tu l'as compris) c'est justement de distiller suffisamment d'éléments en apparence anodins pour qu'ils ressortent à un moment ou à un autre.
    Quant aux neufs chapitres suivants, je devrais m'en occuper une fois que j'aurais évacué Point de fuite et Harlequin (qui m'amusent par avance beaucoup).

    · Ago over 6 years ·
    Francois merlin   bob sinclar

    wen

  • @Sweety : Le sujet du concours m'a posé beaucoup de problèmes en effet. Comme Festin cru, je me disais que tous les textes allaient se ressembler donc il fallait trouver une idée un peu différente. J'espère que c'est le cas.
    Pour les fautes, je compte sur toi pour me les donner si tu as deux minutes, je serais ravi d'avoir un message privé de ta part.
    Merci beaucoup de ta lecture en tout cas.

    @Will : Ouais, ouais, je sais, je sais (dit à la manière d'un adolescent flemmard qui rechigne à ranger sa chambre...). Merci beaucoup de ton passage ici et des compliments. Et sérieusement, oui, faut que je m'y mette, tu as raison.

    · Ago over 6 years ·
    Francois merlin   bob sinclar

    wen

  • j'aime beaucoup, cette facon que tu as de presenter les personnages nous permet d'avoir une sorte d'intimite avec eux, et donc d'etre dans l'histoire. comme le dit woody c'est fluide honnetement cela ferait un tres bon roman.

    · Ago over 6 years ·
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    christinej

  • Wen mon ami pourquoi tu nous met le synopsis ? j'ai fait exprès de ne pas le lire pour garder la surprise... j'aime les surprises ! Il faut vite l'enlever... je reconnais bien là ton style, tu peins le décor et les gens dans ton style fluide et ensuite tu envoies la sauce ... je pense que le domaine de la fiance est un bon plan ... ça craint un max la-dedans ! donc bravo comme d'hab et j'attends la suite

    · Ago over 6 years ·
    Img 5684

    woody

  • ... j'aime avoir peur !!!
    Pour conclure, j'ai vraiment aimé ton premier chapitre et le synopsis donne envie d'en savoir plus.
    Et je suis d'accord avec Will T, il faut écrire les 10 chapitres suivants :))

    · Ago over 6 years ·
    Img 0285 300

    thalia

  • Je vais donc faire plus court. Tu m'énerve et j'adore ça, au point d'avoir voté pour ton texte
    cela dit, c'est la deuxième fois que je vote pour un texte qui n'est pas le mien dans ce concours, je dois être maso...
    Les 15 pages se lisent facilement et cette fois tu as choisi l'univers de la finance, très bon choix, il y a plein de requins.
    Belle description, intimiste, du mari. En même temps, tu instilles l'énergie nécessaire à un thriller. Ma seule remarque: l'angoisse commence à la page 10, la rencontre d'Elsa avec les 2 durs à cuire, mais je trouve que tu n'accentues pas assez la peur... à sa place je n'en aurais mené pas large...

    · Ago over 6 years ·
    Img 0285 300

    thalia

  • Deuxième tentative pour mettre mon com... le premier était peut-être trop long
    Il n'est pas passé, je vérifie ;)

    · Ago over 6 years ·
    Img 0285 300

    thalia

  • Je savais que tu allais sortir de l'excellent et que tu devais participer a ce concours.
    En tout cas, quelque soit le résultat, il faut que tu écrives les dix chapitres. Aucunes excuses valables pour un refus.

    · Ago over 6 years ·
    Images

    compteferme

  • que dire?Les 15 pages se lisent vite et bien.toujours la même bonne qualité au niveau de l’écriture...donc c'est plutôt pas mal.
    Beaucoup sont partis sur un truc d'horreur ou du "supernatural"(une des mes séries favorites, soit dit en passant...)
    Toi c'est un bon thriller policier...une bonne idée...quelques fautes ici et la, mais l'ensemble est plutôt bon.
    je te l'ai déjà dit je crois mais tu vas devenir le maître du suspens ;)
    (non non j'ai pas aimé Olivier le transpondeur!)

    · Ago over 6 years ·
    Suicideblonde dita von teese l 1 195

    Sweety

  • Pour imprimer tout le texte, toujours la même manip' : Ctrl+P en mode Lire.
    Merci à toutes et tous par avance de vos commentaires et corrections z'éventuelles.

    · Ago over 6 years ·
    Francois merlin   bob sinclar

    wen

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