Amours d'un jour

erge

Inattendu, imprévisible, impromptu, intemporel, l'amour est au coin de la rue.
Dès potron-minet ce jour là, les rayons s'étaient mis en tête de me réveiller en douceur en s'invitant à travers les persiennes de ma chambre.
Frais dispo au saut du lit ? Voilà que cela ne m'était pas arrivé depuis longtemps. Hors de question ce matin de me réveiller en zombie, affublé d'un radar qui me fraye habituellement une route hasardeuse entre chambre, cuisine puis salle de bains. Un parcours du combattant relativement bien maitrisé depuis quelques années lorsque l'habitude se rappelle à mon bon souvenir.
Chambre : endroit dédié au repos et aux rêves aussi paradoxaux soient-ils.
Cuisine : endroit soi-disant communautaire où il est possible de croiser d'autres individus de sa famille et accessoirement endroit où la notion de repas de roi prend tout son sens.
Salle de bains  : endroit intermédiaire qui permet de retrouver un aspect potable avant tout autre contact extérieur civilisé.
A cela, je pourrais rajouter l'escalier : piège potentiel nécessaire pour passer d'un étage à un autre et dont le franchissement nécessite habilité, souplesse et esprit d'anticipation. Ce qui n'est pas à la portée de tous, soit dit en passant (mais pas par l'escalier).

Ce matin là, donc c'était différent. Le pas bondissant, le regard alerte, l'humeur joyeuse et la mine des bons jours m'avaient d'emblée promis à une belle journée. Ce matin au petit déjeuner, pas de biscottes qui se cassent en mille morceaux dans mon café au lait, pas de confiture qui dégouline entre les doigts et atterrit sur le pyjama, pas de rencontre inopinée entre ma tempe frontale et le coin du placard mal fermé, pas de grommellements inaudibles signalant à mon interlocuteur une fin de non recevoir, pas de confusion entre le branchement du grille-pain et mon i-phone, pas de cafouillage entre théière et cafetière, pas de râlements intempestifs à la vue du pot de miel vide, pas d'injures prononcées à l'égard du chien me bondissant dessus, risquant par là même de provoquer un affaissement de ma stabilité verticale.Bref, tout allait bien ce matin. Même que, une fois repu de ces agapes matinales, je lançai à ma femme :

- "Ah ! Chérie ! Aujourd'hui , je suis d'humeur à tomber amoureux ! Je vais aller faire un tour au coin de la rue justement pour trouver l'Amour ! "

- "Ok - me répondit-elle -  mais ne rentre pas trop tard !"
- " Et prends le pain en rentrant  ! "

Sur ces bonnes paroles et avec sa bénédiction, je m'en allai faire ce tour et au gré de mes pérégrinations, voici ce que je récoltai.

Première halte : le café L'Impromptu, quelque part dans le Marais, avec sa terrasse et ses compilations de chaises en rotin, son comptoir de zinc sur lequel s'entassent et s'entrechoquent les noisettes et les expressos, ses ardoises où se devinent à la craie les ripailles de la journée, cette odeur s'échappant du percolateur corsé et distillant une effluve de saveurs aux mille voyages. Des sommets de Colombie aux plateaux de Tanzanie, du gringo Jacques Vabre au dandy Georges Clooney, là où le café passe, le patron propose sa tasse. Les tartines de pain beurrées, les croissants chauds, le nuage de lait qui flotte au dessus du café, les oranges pressées comme en vrai…toutes ces odeurs envahissent mes papilles.
Sur la banquette rouge alcantara, je m'installe en terrain connu. Le miroir aux allures de psyché suspendu face à moi me renvoie les mouvements de silhouettes familières bien qu'inconnues. Les premiers verres d'absinthe pour ceux qui sont d'astreinte et dont les yeux commencent déjà à cligner alors que les nôtres s'ouvrent. Et puis, au fur et à mesure que le temps passe, les vies s'entrecroisent. Celles d'habitués, celles d'inconnus.
On discute autour du bar, on remue son p'tit noir, on fait le plein d'énergie, on vide ses émotions, on prend l'information, on lit le journal sur le pouce, on fait son loto avant d'aller au boulot, on raconte tout et n'importe quoi du moment que cela n'a pas d'importance, on révise ses notes avant l'examen, on s'en fait un p'tit dernier pour la route, on s'accoude au comptoir et on bavarde en aparté, on trinque à la vie, à l'amour, à l'avenir.
Cette ambiance de troquet le matin est un vrai bonheur.
Un amour de bonheur. Porte bonheur. Et la journée ne faisait que commencer.

Ma contemplation allait prendre un tournant décisif entre la rue de Bretagne et la rue du Temple en faisant une halte sauvage à cette brasserie autrefois nommée l'Inattendue, bien connue des brasseurs de bières et aussi de ceux qui brassent de l'air.
Installé à la position stratégique de l'observateur sachant épier - différente de celle du mateur sachant draguer -, je me régale du spectacle joué par les Parisiennes de passage.
Qu'est ce qu'elles sont belles les Parisiennes lorsque Paris s'éveille !
Elles montrent leurs gambettes, elles virevoltent, elles font des petits pas, elles dandinent, elles montent sur leurs ergots, elles nous font loucher sur leur ego, elles défilent en talons aiguilles, elles aguichent involontairement mais pas que, elles savent se mettre en valeur, attirant les regards sur leurs atouts affriolants, elles aimantent en passant juste avec ce qu'il faut de provocation. Juste pour faire une bonne action. Eventuellement une dose supplémentaire pour bien montrer leur caractère. On n'est pas à une exagération près, surtout pour cette génération. Leurs tenues légères en taffetas leur donnent ce petit ravissement intemporel, faisant d'elles des papillons de lumière. Ephémères comme l'instant. Eternelles comme le temps. Mon instinct contemplatif sur l'échelle de Richter atteignit ce jour là la magnitude de 9. Je devins subitement un homme neuf.
Amoureux d'une fille qui passe dans le vent. Ou d'une fille dans le vent qui passe. Là n'est pas l'essentiel.

Mon périple m'amena chez un bouquiniste le long des quais et mon regard fouineur s'arrêta net sur cette carte postale découvrant un paysage de rêve. Le lac Moraine, écrin posé au milieu des Rocheuses canadiennes.
Son timbre édenté me rappela qu'avant l'arrivée des moyens de communication moderne, les nouvelles voyageaient beaucoup moins vite mais avaient ce côté surprise dont la lecture s'apparentait à un rituel bien plus sophistiqué que nos posts compulsifs envoyés via nos ordinateurs.
Il fallait choisir la carte en fonction du message que l'on voulait faire passer, du lieu où l'on se trouvait pour dire ‘‘j'y étais ‘'. Le timbre avait cette fonction surannée d'encenser la lecture de la dite carte. Il pouvait être de collection avant de devenir collector. Bien s'appliquer pour que l'adresse du récepteur soit lisible sous peine de retour à l'envoyeur ou tout simplement d'une condamnation à une errance sans fin. Les messages n'étaient pas forcément plus imaginatifs que nos mails actuels mais ils gardaient la trace de l'encre, le rythme de l'écriture et la magie de l'attente. Et les postiers étaient souvent soumis à des exercices de magicien puisque parfois au dos  du message figurait la mention ‘'dépêche-toi facteur, l'amour n'attend pas ‘'. Un facteur déterminant pour que le courrier s'achemine sans trop de perturbations malgré les péripéties et les rebondissements en tout genre.

Carte à la main, il me suffit de m'imaginer traversant l'Atlantique et me poser du côté des Rocheuses canadiennes. Pas n'importe où. Là où le spectacle de la nature vous prend aux tripes et vous rend tout petit face à la beauté qu'elle engendre. Ce fameux lac Moraine, à quelques encablures de Jasper, entouré de sommets culminant tous à plus de 3000 mètres d'altitude qui viennent se refléter dans les eaux smaragdines (j'aime bien ce mot) du lac en contrebas. Un moment d'intense bonheur à rendre contemplatif n'importe quel hyperactif. A la brunante et durant l'été indien, le spectacle devient féerique avec lumières boréales et sons animaliers qui de l'orignal qui de l'ours noir viendront hanter ce lac aux miroirs dont l'originalité est ne pas être sans teint. Et hop ! Encore un moment où je tombe en amour par le truchement d'une simple carte.
Ça doit être ça, l'amour à la carte. Intemporel.

Il est temps de rouvrir les yeux. Et de déambuler sur ces petits bonheurs qui parsèment le quotidien mais dont le rythme de nos pas de citadin effréné ne nous laisse entrevoir que la partie émergée. Ce jour là, j'avais décidé de m'enfoncer à l'intérieur pour faire le vide en moi et me remplir d'exquises sensations. Pas anodin que je me perde au milieu de cette roseraie où s'exposent les plus beaux spécimens de roses à l'occasion du festival mondial dédié à cette fleur. Queen Elisabeth, Josephine, Marquise de Pompadour, Diane de Poitiers, Roxanne, Antigone, Marilyn, New Imagine …autant de noms que de pétales étalés dans un accord parfait, digne de la grandiosité des rosiéristes du siècle des Lumières. Un étalage gargantuesque de couleurs et de senteurs.
La rose n'est-elle pas la fleur de l'amour ? Je retombe dans mes petits bonheurs la chance. Peut-être devrais je lui en offrir une …de rose…à la chance. La chance que j'ai eue de te rencontrer, TOI*, l'espace d'un instant. Et lui donner le nom d'Imprévisible.

Ma journée d'explorateur en quête d'amours d'un jour touche à sa fin. L'amour est aveugle et le bonheur lui donne des lunettes. J'emboîte le pas car je veux me rendre à cette dédicace au salon du livre Place des Vosges. Une auteur bien connue gratifie de sa présence une cohorte de jeunes écrivains en herbe, apposant sur la préface de son bouquin des mots savamment choisis qui donneront une valeur inestimable à son oeuvre. Tomber amoureux d'un livre, si..si ça se peut. Faut juste s'assurer que le dédit casse. Et qu'une autre page s'ouvre pour ne jamais rester sur la fin.

Il est temps de rentrer maintenant. Je m'y étais engagé. A l'intérieur, elle m'attend. De bonne humeur.

- "Ça y est, tu as trouvé ce que tu cherchais ? "

-" Oui, je t'ai même rapporté une pomme d'amour !"

Y a des jours comme ça où l'amour rend fou. 
Même s'il est haut comme trois pommes. Alors, croquons dedans. 
Même s'il y a des CHOSES** plus importantes...

 photo : © by myself 
PS:  Bien entendu, chacun sa façon de picorer les petits bonheurs là où ils se trouvent. Celle de Véronique Théry avec son Carpe Diem en est une autre. Toute aussi délicieuse. http://welovewords.com/documents/carpe-diem-11
*  http://welovewords.com/documents/toi-40
** http://welovewords.com/documents/la-chose-5
  • c'est infiniment léger cette mousse de mots , qui reste en surface, et joue à caresser le bonheur. Grr, j'en veux encore.

    · Il y a presque 3 ans ·
    Bbjeune021redimensionne

    elisabetha

    • Grrrr aussi......Merci elisabetha ! Je vous en resservirai ;)

      · Il y a presque 3 ans ·
      479860267

      erge

  • Leurs tenues légères en taffetas leur donnent ce petit ravissement intemporel, faisant d'elles des papillons de lumière. Ephémères comme l'instant. Eternelles comme le temps une phrase que j'aurais pu écrire mais quel plaisir de la lire ailleurs, et j'ai mis tant de temps(pourquoi juste pour toi) que je ne faisais pas de retour sur "mots". Plus que j'étais persuadée que tu étais une "nana" et non si j'en crois ta présentation. je ferais mon "rapport" sur ton texte demain.

    · Il y a presque 3 ans ·
    Bbjeune021redimensionne

    elisabetha

    • Non désolé Elisabetha, je ne suis pas une nana, loin de là. Un ours mal léché mais qui adore les nanas qui écrivent avec toute leur féminité. A demain donc.

      · Il y a presque 3 ans ·
      479860267

      erge

  • Ah! j'avais du mal à imaginer l'ours poser ses lunettes (c'est obligé les lunettes pour latinner! - y me souligne latinner, mais j'écris ce que je veux !) et partir surfer des vagues de dix mètres !
    Je le visualise mieux le pas bondissant dès le saut du lit, se laisser séduire par les petits bonheurs du quotidien avant de regagner la tanière garnie.
    C'est l'été, fais comme Fiovanessa : Danse tant qu'il y a de la musique

    · Il y a presque 3 ans ·
    Loin couleur

    julia-rolin

    • Mais j'espère qu'il y aura toujours de la musique. Merci de ton passage Julia. Si ! si !

      · Il y a presque 3 ans ·
      479860267

      erge

  • Partir chaque jour à la cueillette des fleurs du bonheur...
    Beau texte , beau programme...

    · Il y a presque 3 ans ·
    Oeil

    anne-onyme

    • Merci pour cette fleur, Anne-O !

      · Il y a presque 3 ans ·
      479860267

      erge

  • Des petits bonheurs qui donnent des ailes, ça n'a pas de prix ;) Continue à tourner les pages du livre. Merci Erge

    · Il y a presque 3 ans ·
    Ananas

    carouille

    • Je te remercie de ton passage. C'est comme un marque-page. Il me marque beaucoup. Pour l'instant le livre n'est pas numéroté donc la fin n'est pas d'actualité :)

      · Il y a presque 3 ans ·
      479860267

      erge

    • C'est une bonne idée ça, un livre sans numérotation et donc sans fin. un rêve d'écrivain ;)

      · Il y a presque 3 ans ·
      Ananas

      carouille

    • Je laisse aux écrivains le soin d'écrire des livres. Je laisse à mon imagination le soin d'assembler des mots.

      · Il y a presque 3 ans ·
      479860267

      erge

    • Tu joues sur les mots !

      · Il y a presque 3 ans ·
      Ananas

      carouille

    • Je peux mettre des mots sur ta joue aussi :)

      · Il y a presque 3 ans ·
      479860267

      erge

    • Dans le creux de l'oreille je les entendrai mieux ;)

      · Il y a presque 3 ans ·
      Ananas

      carouille

    • Je peux les déposer sur ta bouche mais là ça t'empêchera de parler :)

      · Il y a presque 3 ans ·
      479860267

      erge

    • Moi, oui, mais les autres, ça va jaser !! ;))

      · Il y a presque 3 ans ·
      Ananas

      carouille

    • J'entends pas, je me bouche les oreilles.

      · Il y a presque 3 ans ·
      479860267

      erge

    • Purée vous abusez, il y a des tanières pour ça !!

      · Il y a presque 3 ans ·
      Ade wlw  7x7

      ade

    • Ben non, on t'attendait Ade ! Maintenant que l'on est au complet, on peut y aller !! ;))

      · Il y a presque 3 ans ·
      Ananas

      carouille

    • Bon ben au revoir tout le monde. Vous venez les filles, on y va !

      · Il y a presque 3 ans ·
      479860267

      erge

    • Euh....là......pas trop merci je vous laisse tous les deux c'est mieux :))

      · Il y a presque 3 ans ·
      Ade wlw  7x7

      ade

    • Qu'est ce que t'en sais ???:)

      · Il y a presque 3 ans ·
      479860267

      erge

    • Pour une fois que c'est pas sur ma page !!!!! J'adore !!;)))

      · Il y a presque 3 ans ·
      Ananas

      carouille

    • Ouais c'est ce que j'étais en train de me dire !pfffff je suis grillé maintenant pour avoir des commentaires sympas.

      · Il y a presque 3 ans ·
      479860267

      erge

    • Chacun son tour ;)))

      · Il y a presque 3 ans ·
      Ananas

      carouille

    • Euh...je suppose Erge..je suppose :)

      · Il y a presque 3 ans ·
      Ade wlw  7x7

      ade

    • J'aime bien ces superpositions :)

      · Il y a presque 3 ans ·
      479860267

      erge

  • Finesse, délicatesse, c'est frais, léger...que ça fait du bien de lire ces petits bonheurs !!..Merci (encore un ! ) de nous faire partager cette promenade !

    · Il y a presque 3 ans ·
    Ade wlw  7x7

    ade

    • Un petit bonheur porte-bonheur en cadeau pour toi :)

      · Il y a presque 3 ans ·
      479860267

      erge

    • Et je t'en remercie :)

      · Il y a presque 3 ans ·
      Ade wlw  7x7

      ade

  • belle ballade,, ;-)

    · Il y a presque 3 ans ·
    Pgbis

    Patrick Gonzalez

    • Merci de ton passage surtout s'il y avait des Parisiennes :)

      · Il y a presque 3 ans ·
      479860267

      erge

  • Amusant de voir les commentaires plutôt négatifs de ces messieurs ! Moi, je rejoins fionavanessa et marielesmots. Je trouve que ton texte nous rappelle que le bonheur est fait de petites joies, bulles de savon qui resplendissent dans le soleil. Merci pour ce beau texte plein de délicatesse et de tendresse.

    · Il y a presque 3 ans ·
    18765830 1741444459487396 5507599621915933461 n(1)

    Véronique Théry

    • Un carpe diem à ma façon. Négatifs les com des ces messieurs ? Non simplement indifférents. Peut être s'attendaient ils à quelque chose de plus mâle :) Merci par contre du tien qui suffit à mon contentement.

      · Il y a presque 3 ans ·
      479860267

      erge

  • Bof.

    · Il y a presque 3 ans ·
    Moi facebook

    effect

    • Navré que cela ne t'ait pas fait de l'effet !

      · Il y a presque 3 ans ·
      479860267

      erge

  • Heu, tu ne pas faire popot toi le matin ? A moins que de manière impromptue, tu te réserves pour le Marais, le bien nommé ?

    · Il y a presque 3 ans ·
    Cp

    petisaintleu

    • La popote tu veux dire ? Ah non je suis pas assez gourmet pour y trouver mon bonheur...et puis elle me fait pas marrer !

      · Il y a presque 3 ans ·
      479860267

      erge

  • comment ne pas tomber en amour devant ce texte, gai périple d'un jour !

    · Il y a presque 3 ans ·
    Mai2017 223

    fionavanessa

    • Merci Fiona de ce commentaire aérien comme tu sais bien les distribuer :)

      · Il y a presque 3 ans ·
      479860267

      erge

  • Très joli texte, léger, drôle , tendre,un brin malicieux , l'art d'apprécier chaque petit bonheur , merci Erge

    · Il y a presque 3 ans ·
    W

    marielesmots

    • Juste un brin...pour faire du bien. Merci Marie pour tes mots.

      · Il y a presque 3 ans ·
      479860267

      erge

    • Les hommes seraient-ils jaloux de ta plume délicate survolant les petits délices du vivre l'instant? Moi, je le trouve superbe ce texte, presque féminin".

      · Il y a presque 3 ans ·
      D9c7802e0eae80da795440eabd05ae17

      lyselotte

    • Oh non je ne pense pas. Peut-être ont ils peur du grand gentil ours ! En tous les cas, tous ces commentaires féminins me conviennent amplement. Et si en plus, Lyselotte débarque sur mes petits délices, ça ne peut que satisfaire ma plume. Je signe et persiste donc. Merci Lyse d’avoir délaissé la dune du Pilat momentanément :)

      · Il y a presque 3 ans ·
      479860267

      erge

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