Le printemps.

Yvette Dujardin

Au mois de mai, par un beau jour,

Au temps plein de joie et d’amour,

Au temps où toute chose est gaie,

Car on ne voit buisson ni haie

Qui, en mai, se parer ne veuille

Se couvrir de nouvelle feuille.

Les bois recouvrent leur verdure,

Qui sont secs tant que l’hiver dure,

La terre même se délecte

De la rosée qui l’humecte

Et oublie la pauvreté

Où elle a tout l’hiver été.

La terre devient si fière

Qu’elle change sa robe entière ;

Et sait si joliment la faire

Que de couleurs elle a cent paires,

D’herbes, de fleurs violettes et perses,

Et de maintes couleurs diverses.

La robe qu’ainsi je décris,

Donne à la terre tout son prix.

Les oiseaux, demeurés muets

Pendant  que le froid régnait,

Et le temps, mauvais, chagrin,

Sont en mai, grâce au temps serin,

Si gais, qu’ils le montrent en chantant.

C’est la saison belle et heureuse,

Qui pousse à être amoureuse.

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