Papillon de nuit

eleanor-gabriel

Papillon de nuit

Voletant affolé vers un coin de silence
Ses antennes pygmées en ramures dressées
Le voilà qui supplie comme un cri d’indulgence
De n’être pas trahi par sa grande beauté

Papillon de fortune que le jour importune
Au décor marié pour se fondre invisible
Il se pose et attend jusqu’au sursaut de lune
Que la nuit le remplisse d’une force sensible

Au matin le soleil ne trouve plus la trace
De ses vifs ébats palpitant sans lumière
Caché là sous sa cape au silence de glace
A guetter le couchant pour un lucre éphémère

Papillon d’infortune que le jour menace
Chaque nuit il épouse de nouvelles anthères
Sans chercher à rêver à d’autre doux espace
Que celui que Morphée lui a donné sur Terre

Papillon de minuit aux fragiles armures
Il finit bien souvent épinglé sur un mur
Par l’horreur figée d’amateurs impatients
De le voir de plus près même dans un bain de sang

Eleanor Gabriel

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