Prélude

Edwige Devillebichot

Le piano la caresse, apaise ses chagrins
Son rêve éclaboussé de dentelles de soie
S'est effondré comme pluie d'orage sur les toits

Enfuie délicatesse embaumée de promesses
Comme il eut été bon de se sentir aimée
Effeuillée enlacée, avec grâce et noblesse

Dans l'air enfin léger et frissonnant de joie
Se laisser courtiser et puis s'abandonner
Dans les parfums d'amour, il était une fois

Le coton blanc brodé est taché de regrets
Toutes les fleurs sont tombées de sa robe mordorée
Le bal était grandiose et luxueux le palais

Ruisselante de perles fines et de satin de chair
D'abord être embrassée, et puis être emportée
D'un envoûtant vertige sous son regard sévère

Sa jeunesse était fraîche et son regard ouvert
Sous son corsage rond battait un coeur d'enfant
Une soif de tendresse, oui, mais du caractère

Il n'aura pas troussé ses jupons parfumés
Et son rire cristallin froidement s'est éteint
Il a payé le cocher, quelques billets froissés

Homme sans délicatesse n'entendant rien aux fées
Elle lui donnait sa main, Prince cherchait catin
Raide dans son pantalon comme un sot est resté

Princesse aime gourmet, finesse et art d'aimer
Une bourse bien pleine point ne suffit à Reine
Repas bien ordonné commence par l'entrée !
 

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