Torsion

tzsara

Drôle d’expérience ; je n’ai nulle envie d’écrire. Mes mots se font rares voire rêches et barbares. Mes phrases sont tordues et quasiment vaines et dérisoires. Ma pensée est ailleurs. Et le stylo ronronne une farouche mélodie, qui n’a plus le goût de toi. La mouche, dans l’appartement, tourne en rond et s’écrase sur l’écran. Ça me fait sourire. L’idée d’une autre âme en contorsion m’apaise, à l’ombre de mon absurde autoflagellation. Ton odeur interrompt le manège. Pas la peine de prendre la mouche. Hier, je me suis bien pris le cul.

Il est des moments où on manque de l’essentiel. Et en ce moment, je suis en manque de toi. Nulle raison si ce n’est la force de tes reins ou peut-être bien celle de ton doigté divin. Et je me demande où peut bien aller ton ombre. Au rythme des gorgées de café ingurgitées et à la vitesse de la fumée fuyante de ma cigarette à demi-morte, tu as quitté l’appartement. Tu es partie ; sombre et la tête meurtrie. Et je suis restée ; morte et la tête flétrie. Je pensais me perdre au sein d’une ombre inconnue et être forte un petit morceau de temps. Et pourtant, j’ai pleuré mes yeux à l’instant où tu as claqué la porte. Les Dieux se foutent de moi. Ils ricanent de mon malheur, se frottent l’anus et se masturbent en grande pompe. J’avance la main, je tire le bras, y frôle le doigt et l’enfonce ; en l’honneur de leurs phalliques révérences. L’éjaculation divine est prématurée. Et pourtant je me contrefous de leurs courtes solennités. La cérémonie est close et le carnaval s’en va.

Je regarde tes affaires emballées et le bout de moi, trainant dans mes draps. Je t’écris pour que tu saches que j’ai bien pleuré ton départ. Je t’écris pour garder cette boule au ventre, qui t’a accompagnée jusqu’à la porte. Tu es partie ; triste et la tête haute. Je suis restée ; blême, la mort au ventre. Qu’importe les inconnues qui ont volé ma mémoire. Qu’importe ces mains sales qui m’ont tripotée dans le noir.  Qu’importe ce bout de malheur en moi. Je suis là ; à l’image de la mouche. Drôle de voyage. Je contemple ma misère ; elle se fait belle et désirable. Séductrice innée des cœurs intenables ; elle flirte, insoucieuse avec mon cul. Oui, j’aime les jeux dangereux  et j’irais à vendre mon âme au diable pour un baiser désenchanté. Le goût du mal est onirique ; séducteur inlassable des âmes biaisées. Oui, j’ai envie de me faire baiser. Viens là. Viens me prendre et vider en moi et ta sève et ton vin, jusqu’à l’amertume de tes intestins.

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