PUDEUR PORNOGRAPHIQUE

thelma

Tu es apparu là dans ta peau sans le moindre soupçon de tout ce qui peut dégager de toi, de si fort, de si apaisant et de si touchant. Comme si tu ne maîtrisais pas consciemment toutes les forces qui émanent de toi alors que tu possèdes ce pouvoir si intense qui me fait vibrer et me transporte au-delà de toute raison. C’est comme si le monde sombrait dans le silence pour laisser cet instant nous appartenir. Tu me parles pendant que ma tête se réfugie sur tes genoux, tes mains posées sur mes jambes dans ce moment de partage où nos rires insolents ricochent contre les murs de l’oubli du temps.

Ton sourire me fait fondre, ton regard me perce de toute sa chaleur et ma candeur surgit à son tour pour immortaliser l’instant.

Je ressens tes caresses comme si tu étais le premier à m’avoir jamais touchée, à croire que tu connais depuis toujours ce corps qui se serre contre toi.

Plaisir unique de tous ces désirs jamais assouvis auparavant.

Cet amour irradie mon âme et tous mes sens sans retenue aucune. Je perds pied au moment même où tu m’explores, quand tes mains descendent le long de mes flancs, qu’on ne rit plus, pour nous laisser porter par la ferveur de ce que nous allons vivre ensemble. Qu’il s’installe un parfum violent de passion dévorante où tout perd sa raison d’être sans le moindre remord. Tu m’embrasses pendant que tu te glisses sous ma peau, m’apprenant ces émois qui laisseront pour toujours des sillons de douceurs, en tatouant à jamais chaque parcelle de mon corps de ce mélange de sensations légères et violentes.

Nos yeux se perdent, se cherchent pour sombrer enfin sous nos paupières, pendant que j’oublie qui je suis, qui j’étais.

Tous mes doutes ne sont alors plus que ruines, toute ma raison s’effondre dans l’âbime de mes sens pour décrocher les derniers affres de mes peurs et me laisser guider dans la mouvance de nos êtres.

Ne plus savoir comment maîtriser ce qui s’impose à moi, ce qui envahit mes veines comme un speed qui innonde les pores perlés de sueur avant la capitulation.

Je m’offre à toi pendant que tu entraînes ma vie dans ton univers. Un monde irréel sans balise où tous les renoncements ne sont que dérision et la perte du libre – arbitre… totale. Une partition d’opéra alternant les murmures et les envolées lyriques où tu serais l’ange et le démon. La pudeur et la violence quand tu renverses toutes les barrières  fermant l’esprit au corps.

Tout devient opaque, il n’y a plus que nos souffles qui résonnent contre l’épave du temps. Où la rigueur et la bienséance sont éradiqués pour laisser place à l’imagination et la fluidité de nos saveurs mélangées. Tu t’infiltres dans chaque recoin de mon âme pendant que mon coeur se gonfle de ce nouveau sang. Mon âme se noie de ces délices jusqu’à ce que je succombe définitivement.

Je me laisse porter par les sommets de ton essence jusqu’à ce que le brouillard voile mes yeux. L’urgence de tout connaître de toi, avec toi, pour toi m’invite comme une évidence inaltérable à cette résurection capitale. Quand le plaisir s’est pétri de son paroxysme, tu m’enlaces alors délicatement au creux de ton épaule.

Je laisse mon âme voguer puisque plus rien ne la retiendra jamais, à sentir mes doigts vibrer sur chaque sillon de ta peau et provoquer ces frissons qui t’envahissent comme une empreinte indélébile.

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