As-tu déjà vu la couleur d'un tweet ?

Manu

@ elise.melusine@hotmail.com
Objet : Correspondance obscène en 140 caractères

Coucou ma belle,

Depuis que tu es partie, il se passe de drôles de trucs dans ma vie. Un gars s’est rapproché de moi sur Twitter, un gars plutôt influent question politique et médias. Il se surnomme Max. Il est drôle et pertinent dans ses posts. Il y a deux semaines, j’ai publié une méchanceté sur Lana del Rey (elle minaude et ça m’agace) et il m’a répondu. “T’en fais pas, j’ai jeté un oeil à ton profil, t’es bien plus bonne qu’elle.” Ce culot m’a plu, d’autant plus que ça a fait enrager mon ex.
Nous voila aujourd’hui pris dans une correspondance obscène en 140 caractères. Il n’a peur de rien, je lui montre que j’ai du répondant, il me rétorque très sérieusement qu’il est probablement “le meilleur amant du bassin rennais” et que, fort de ce statut, il pourrait sans problème “me filer des orgasmes plus doux que mon cul“. Il utilise les mots qu’il me faut.
Tu sais à quel point je déteste ce genre de plan d’habitude, je trouve ça beauf et déplacé, mais pour une raison qui m’échappe, j’éprouve une excitation malsaine. Je veux savoir s’il est capable de ce qu’il me promet alors que je ne sais même pas à quoi il ressemble.
J’en ai peu honte mais il m’est déjà arrivé de me caresser en le lisant son “je te ferai 1000 autres choses gourmandes/sales/violentes/ToutCeQueTuVeux”. Tu ferais quoi d’autre à ma place ?
Ce soir, il se rend à une soirée chez Alex, nous avons des followers en commun. J’y vais avec Sarah et Julie mais je ne lui ai pas dit. Je ne crois pas qu’on se parlera, j’ai envie que notre petit numéro d’inconnus se poursuive. Je te raconterai.

Prends soin de toi et à bientôt,

Marion

@ elise.melusine@homail.com
Objet : Sous un chêne...

Salut ma belle,

Puisque tu réclames tous les détails de cette histoire, laisse moi te raconter la soirée d’hier, je suis sûre que tu vas apprécier...J’étais donc invitée chez Alex, dans sa maison de campagne. On arrive là-bas vers 21h, les filles s’agitent dans tous les sens, comme d’habitude et, parmi les garçons invités, il y a surtout des ensembles chèche/barbe de trois jours, le genre que j’aime pas. Impossible de savoir si mon “posteur” favori est là ce soir.
Je m’ennuie. Je m’en vais me servir un verre et un garçon arrive en même temps que moi, de l’autre côté de la table. Je ne le connais pas. Plutôt beau gosse mais rien d’exceptionnel non plus. Châtain aux yeux très foncés, il dégage quelque chose de tranquille. Sa chemise blanche et bien coupée laisse découverts ses avant-bras forts, aux veines saillantes. J’aime ça depuis que je sais me servir d’une queue...Par ailleurs, il a la chance d’avoir un très joli cul.
Sans que je le lui demande, il me sert un verre qu’il me donne en me souriant, un regard doux, lubrique dirais-tu. Je détourne le regard. Comme je trouve un peu kitsch de s’y prendre de cette façon, à mon tour, je le regarde dans les yeux. Il ne cède pas. En réalité, il y a peu de mecs qui ont le cran de regarder une fille dans les yeux sans faiblir, juste pour montrer qu’elle leur plaît. Je crois que ça m’excite un peu. Comme je lui sourie, il me dit “T’es vraiment belle ce soir, je savais pas que tu viendrais”. Rien de plus. Je pige que c’est lui.
Je bois le verre de vin puis je sors fumer une cigarette sur la terrasse. Il fait un peu froid. Il ne vient pas. Je commence à me dire que je me suis emballée toute seule. Mais alors que j’allume la deuxième, il est là, derrière moi.
Là, il me prend par la main et m’emmène derrière la maison, près de la balançoire et du grand chêne. J’ai l’impression d’être dans ce film de Kubrick, tu vois duquel je parle... J’ai vraiment envie de lui mais j’ai peur que l’un de nous deux se mette à parler, ça risquerait de briser ce truc excitant. Sans m’embrasser, il me prend par la taille et m’adosse à l’arbre. Je laisse tomber ma cigarette.
Je porte cette robe noire un peu courte et une paire de bas. Il pose sa main sur l’intérieur de ma jambe et descend mes bas l’un après l’autre. Il repose sa main sur ma jambe nue et la fait remonter, parfois du bout des doigts, parfois plus fort mais toujours sur l’intérieur de ma jambe.
Il remonte jusqu’à ma culotte et il passe doucement la tranche intérieure de sa main sur ma chatte, en insistant sur le clitoris. J’ai envie qu’il le fasse plus fort mais je sens que s’il le fait, je vais le regretter. Ma jupe est remontée jusqu’à ma taille et il glisse sa main en dessous, jusqu’à mon soutien-gorge. Il m’énerve le bout des seins de plus en plus fort tout en m’embrassant le cou et le lobe des oreilles.
Enfin il disparaît pour finir à genoux devant moi. Il pose ses mains sur mes hanches et fait doucement glisser ma culotte, humide. Je la sens tomber le long de mes jambes. Je frissonne. Alors il passe sa langue sur l’intérieur de ma cuisse, celle qu’il a commencée à caresser. Je n’entends plus rien, ni les gens ni la musique. Je ne peux que m’agripper aux cheveux de ce mec qui passe sa langue en moi. Il le fait trop légèrement, j’essaye de l’attirer à moi mais il résiste délibérément. C’est lorsqu’il pose ses mains sur mes fesses que je comprends qu’il continuera jusqu’à ce que j’ai un orgasme. Il me laisse le temps de rien, ça va crescendo et je n’ai aucun moyen de reprendre mes esprits. C’est génial...

Et, là, Julie débarque en hurlant les grossièretés dont elle a le secret. Lui se relève tranquillement avant de me sourire. Je me rhabille en vitesse, déboussolée. “Tu t’en tireras pas comme ça” me chuchote-t-il. Et il s’en va. Je ne le revois pas de la soirée.
J’ai jamais été autant frustrée de ma vie et tu peux pas savoir à quel point j’en veux à Julie. Elle n’y est pour rien, elle me cherchait pour danser, mais je lui en veux quand même. Je ne reverrai probablement jamais ce garçon et je ne suis pas sûre d’avoir envie de le revoir.

Je t’embrasse,

Marion

@ elise.melusine@hotmail.com
Objet : Back to the stone age

Elise !

Désolée de ne pas t’avoir écrit plus tôt et de t’avoir laissé sur ta faim. Ça me rassure de savoir que mes histoires ne te choquent pas, ça va m’aider à t’expliquer ce qui suit.
La dernière fois que je t’en ai parlé, je ne savais pas où mon histoire avec Max allait nous mener. J’aimais ses posts, et si ce n’avait été cette soirée, on aurait réussi à trouver notre équilibre dans ces cochonneries virtuelles. Mais le souvenir de sa langue et de ses mains est resté en moi si bien que j’ai eu pas mal de doutes par la suite. Il persévérait, m’écrivant chaque jour qu’il avait envie de me revoir.
Et avant-hier, il m’écrit “Viens, s’il-te-plaît. Je sais me renouveler. Tu verras, je suis capable de te renvoyer à l’âge de pierre”. Il me fait rire, je craque, je fonce... On doit se retrouver chez lui en fin d’après-midi. Je suis un peu nerveuse. J’ai des capotes sur moi, je suis passée chez l’esthéticienne et je porte un jean et un débardeur, rien en dessous. J’espère que ça l’excitera.
Quand je sonne à l’interphone, il se contente d’ouvrir sans rien dire. Je monte les escaliers, mon cœur bat très fort. La porte est entrouverte. Il est là, debout dans son salon, en caleçon, les cheveux humides. Il sort de la douche. Il est plutôt bien bâti, ni trop musclé, ni imberbe. Il a cette ligne de poil qui lui descend sous le caleçon et pour laquelle je pourrais vendre mon âme. Il remarque que c’est ce que je regarde et ça le fait sourire.
Son appartement est plutôt sobre mais bien décoré. Il a mis un vieil album de Marvin Gaye pour l’occasion. Classique mais efficace.
Il s’approche de moi et me saisit fermement par la taille. De son autre bras, il passe sa main sur mes fesses mais ce sont mes yeux qu’il regarde. Je descends ma main jusqu’à son caleçon, sa queue est déjà dure.
Il retire mon débardeur, déboutonne mon jean et le descend jusqu’aux genoux. De là, il le fait glisser jusqu’aux chevilles du bout du pied. Je n’ai plus qu’à lever mes jambes l’une après l’autre pour en être complètement débarrassée. Il ne semble même pas étonné par l’absence de sous-vêtements. Tout ce qu’il fait, il sait où et comment il le fait mais sans jamais cesser de me percer de ses grands yeux noirs.
Les mains sur mes fesses, il écrase son visage sur ma poitrine et me mord le bout des seins, je suis au bord de la douleur. Il pose la paume de sa main sur ma chatte, puis y glisse un doigt et puis deux. Du pouce, il enflamme mon clitoris. De son autre main, il défait ma natte avec une adresse plutôt étonnante pour un mec. Je m’attends à ce qu’il fasse comme tous ceux qui s’imaginent qu’une fille prend du plaisir à ce qu’on lui tripote les cheveux... Au lieu de ça, il les empoigne et, assez naturellement, je me retrouve à genoux. Je le débarrasse de son caleçon. Sa queue est à son image, bien bâtie mais sans exagération. Je m'intéresse d’abord à ses couilles du bout des doigts mais il m’incite rapidement à m’emparer de sa queue qu’il a saisi d’une main. De l’autre, il exerce une pression sur l’arrière de ma tête. C’est la première fois qu’on s’y prend de cette manière avec moi. J’adore ça.
Je ne me fais pas prier. Je l’engloutis du mieux que je peux. J’utilise ma main pour accompagner le mouvement imprimé par Max. J’aimerais jouer avec ma langue, faire mon numéro habituel mais il est clair que ce mec veut juste venir en moi. Je me dis que je reprendrai le dessus plus tard. Je ne peux que l’aspirer au maximum. Je suis malgré tout de plus en plus excitée.
Il retire sa main, je comprend alors qu’il en a eu assez, je me relève, nous nous faisons face. Je m’approche de lui pour l’embrasser car ce serait une façon de reprendre la main. Il ne m’en laisse pas le temps et me soulève pour m'emmener devant son lit. Sans que je sache bien comment, je me retrouve à genoux sur la moquette, les mains sur le matelas.
Il se penche sur moi, mords ma nuque, le creux de mes reins, mes fesses. Je sens ses mains sur mon ventre et il repasse sa main sur ma chatte. Je commence à me faire une idée de ce qu’il entend par “âge de pierre”. Après tout je suis là pour ça. Le temps que je le réalise, il a plusieurs de ses doigts en moi. Combien ? Il aurait fallu être frigide pour le savoir. Adroit parce que pendant ce temps, je n’ai pas remarqué qu’il a enfilé une capote.
Il bloque ma nuque de sa main et s’agenouille derrière moi. Son avant-bras qui me plaît tant entoure maintenant mon bas-ventre. Je suis à quatre pattes, il est derrière moi, je sens son membre contre ma cuisse.
Il s’enfonce en moi avec un angle tel que j’ai l’impression que sa queue, déjà puissante, a doublé de volume entre temps. J’ai envie de gémir mais je me retiens, je me suis jurée de ne pas produire un son tant que je serais avec lui. Ce sera ma seule victoire.
Je sens son buste sec sur mon dos, une main sur ma nuque, l’autre sur mon clitoris. Il le presse, fait de petits cercles et d’autres grigris que je serais incapable de te décrire. Je sens que je vais venir plus tôt que je le voudrais. Je le laisse faire, ça fait partie du marché. J’entends son souffle qui s’accélère. Il aimerait faire illusion mais peut-être que c’est inédit pour lui aussi. J’ai un super cul, je le sais... Il n’empêche que je déborde de chair et de jus.
Et ça y est, je suffoque, je rentre ma tête entre mes épaules. Je ferme les yeux. Je jouis. Me voilà bel et bien revenue à l’âge de pierre. Ça tombe bien parce qu’il ne pouvait pas tenir plus longtemps. Il pose sa main sur ma nuque, très fort, pour me rejoindre, se comprime et expire lentement.
Il ne me laisse pas repartir de chez lui sans m’avoir préalablement posé un baiser sur le front.
Quand je rentre chez moi, je reçois un tweet. “Tu ne l’avais pas vue venir, pas vrai ?” Je ne l’ai pas supprimé, je suis fière de mon audace, flattée par la sienne. Dans l’histoire, j’ai compris qu’à travers ses tweets, ce n’était pas sa façon de faire l’amour qui me fascinait. Non, ce qu’il fallait que je sache, c’était de quelle manière j’avais envie qu’on me baise. Ma jolie, si t’as un doute sur la question, je te recommande Twitter.

À bientôt,

Marion

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