Night is shining.

lilii

On avait attendu toute la journée. Toute l'année en fait. Les feux explosaient dans la nuit et projetaient sur nos visages, des couleurs saturées et jetaient des étoiles dans nos pupilles.

Il y avait des milliers de visages, tournés vers le ciel , plein de petits bonhommes, comme maquillés de pépites clignotantes. Et les feux explosaient sur la plage, dans une musique assourdissante qui secouait nos cœurs.

La journée avait commencé au soleil, des mois qu'on ne s'était pas vus, et la magie fonctionnait à nouveau. Autour de la table, vue sur la mer, des tapas à étage et des cocktails de souvenirs. San Sebastian tenait toujours ses promesses. Il suffisait de quelques châteaux de sable, un pique nique improvisé et quelques déambulations pour une glace au yaourt.

Ce jour-là, l'effervescence grimpait au fur et à mesure que la nuit tombait. Le coucher de soleil tira son rideau bleu nuit comme au théâtre. On aurait pu croire que le spectacle était fini : la mer était calme, comme un miroir glacé reflétant les pupilles étoilées de la nuit mais on distinguait au loin, les vedettes qui semblaient glisser dans la baie.

Les familles elles, arrivaient de la ville, endimanchées, leurs chaises pliantes à la main, et se dépêchaient de choisir leur place. Nous, nos chaises étaient éphémères, creusées dans le sable, des transats pour les cieux.

Puis, dans un silence quasi-religieux, les yeux levés au ciel, les premières lumières montèrent doucement au ciel puis éclataient en un kaléidoscope éparpillé.

Il faisait peut-être froid mais on s'en foutait. On n'avait jamais vu la plage changer de couleur.

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