Le bio c'est tendance, la bio aussi !

Mathieu Jaegert

Né à Colmar, ville la plus sèche de France, j’ai fini par m’installer avec ma plume dans une des régions les plus ensoleillées du pays. Pour ne pas arriver plumé, j’avais assuré mes arrières et étais devenu entre-temps « roi des ordures ». Si à l’époque, le gouvernement avait cherché ce profil, j’aurais postulé au titre de secrétaire des tas de déchets empilés. Je me suis contenté d’empiler les pages et d’un poste plus confidentiel au sein du mille-feuille intercommunal français. Les plateformes littéraires comme WeLoveWords m’ont remis la main à l’encrier. Mes mots d’Est se sont alors fait une place dans des cuvées anisées, chroniques à la saveur locale et aux accents du Sud. J’affectionne les billets d’humeur et autres textes courts à tendance humoristique et gentiment caustique, dénichant les faits potentiellement drôles dans le quotidien et l’actualité. En tentant de diversifier peu à peu mes écrits, le syndrome de la page blanche m’a abandonné. D’ailleurs, quand il se manifeste, je change illico de page, une technique infaillible.

Les rencontres sur la toile n’aboutissent pas qu’à des échanges, c’est bien connu, elles génèrent aussi des surnoms. Je me suis ainsi réveillé un beau jour affectueusement étiqueté « bandit littéraire », Appellation d’Origine Incontrôlée. Adepte des jeux de mots, je détourne les sens, n’hésitant pas à braquer sujets, attributs et adjectifs, pour déshabiller les proverbes et habiller les expressions. Je n’avais jamais été publié, jusqu’au jour où j’ai compris que pour l’être, encore fallait-il que j’envoie mes textes à des éditeurs ! D’avoir appelé un chat Mon Chien dans un texte absurde a constitué mon premier fait d’armes lexicales et ma première publication.

Mais en parlant d’absurde, n’est-ce pas dénué de sens d’écrire sa biographie alors que je n’ai que l’âge qu’avait le Christ quand certains ont cru faire une croix sur lui ? Finalement, j’aurai l’occasion de vous raconter plus tard mes tentatives quelconques aux concours et mes récidives victorieuses. Ou pas.

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